Créer son entreprise
Micro-entreprise, EURL ou SASU : quel statut choisir en 2026 ?
Pour entreprendre seul en 2026, vous pouvez exercer en entreprise individuelle — éventuellement sous le régime de la micro-entreprise — ou créer une société unipersonnelle, EURL ou SASU. Aucun statut n’est systématiquement le moins cher ou le plus protecteur. Le bon choix dépend de votre activité, de vos dépenses, de la rémunération souhaitée, de votre protection sociale et de vos projets de développement.
Ce guide compare les trois solutions sans promettre un statut « gagnant » à partir du seul chiffre d’affaires. Il s’appuie sur les règles publiées par Service-Public, l’Urssaf et l’administration fiscale, vérifiées en août 2026. Il ne remplace pas une simulation personnalisée ni un conseil juridique, fiscal ou comptable.
Micro-entreprise, EURL ou SASU : la réponse en bref
- Micro-entreprise : adaptée pour tester une activité avec peu de frais fixes et une gestion légère. Les cotisations sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé et les dépenses réelles ne sont pas déduites.
- EURL : société encadrée, souvent choisie par l’entrepreneur qui veut déduire ses charges, se rémunérer comme travailleur indépendant et conserver un fonctionnement juridique relativement balisé.
- SASU : société plus souple dans ses statuts et son évolution. Le président rémunéré relève du régime général comme assimilé-salarié, sans assurance chômage attachée au mandat.
Avant de comparer ces statuts, chiffrez votre projet. Notre guide pour créer son entreprise en 2026 replace ce choix au bon moment du parcours : après la validation du marché et du modèle économique, avant l’immatriculation.
La micro-entreprise n’est pas une société
La comparaison courante « micro, EURL ou SASU » mélange un régime et deux formes de société. La micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié de l’entreprise individuelle. L’entrepreneur et son entreprise ne forment pas deux personnes juridiques distinctes. L’EURL et la SASU possèdent, elles, une personnalité morale distincte après leur immatriculation.
Cette nuance change la comptabilité, la fiscalité, la rémunération du dirigeant et la manière d’accueillir plus tard des associés. Elle ne signifie pas que le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel est sans protection : depuis 2022, patrimoine professionnel et patrimoine personnel sont automatiquement séparés, avec des exceptions notamment en cas de fraude, de manquements graves ou d’engagement personnel.
La fiche officielle Choisir la forme juridique de son entreprise confirme que les trois voies principales pour exercer seul sont l’EI, l’EURL et la SASU.
Tableau comparatif 2026
| Critère | Micro-entreprise | EURL | SASU |
|---|---|---|---|
| Nature | Régime simplifié de l’entreprise individuelle | Société unipersonnelle, variante de la SARL | Société unipersonnelle, variante de la SAS |
| Dirigeant associé unique | Entrepreneur individuel | Gérant travailleur non salarié | Président assimilé-salarié s’il est rémunéré |
| Fiscalité par défaut | Impôt sur le revenu après abattement forfaitaire | Impôt sur le revenu si l’associé unique est une personne physique | Impôt sur les sociétés |
| Déduction des dépenses réelles | Non, application d’un abattement fiscal forfaitaire | Oui hors régime micro | Oui |
| Plafond de chiffre d’affaires | Oui, selon l’activité | Aucun plafond propre à la forme | Aucun plafond propre à la forme |
| Cotisations | Pourcentage du chiffre d’affaires encaissé | Base différente selon IR ou IS ; cotisations minimales possibles | Cotisations liées à la rémunération du président |
| Comptabilité | Allégée | Comptabilité complète et comptes annuels | Comptabilité complète et comptes annuels |
| Évolution à plusieurs | Création ou apport à une nouvelle structure | Devient une SARL avec l’entrée d’associés | Devient une SAS avec l’entrée d’associés |
| Formalités de création | Pas de statuts ni d’annonce légale | Statuts, capital, annonce légale, bénéficiaire effectif | Statuts, capital, annonce légale, bénéficiaire effectif |
Ce tableau donne une orientation, pas un résultat financier. Pour comparer les revenus et la couverture sociale avec vos propres hypothèses, utilisez l’assistant officiel au choix du statut de l’Urssaf. L’outil avertit lui-même que ses calculs restent indicatifs et ne couvrent pas toutes les situations.
1. Quand choisir la micro-entreprise ?
La micro-entreprise convient particulièrement à une activité que vous souhaitez lancer rapidement, avec peu d’investissements et des dépenses professionnelles limitées. La comptabilité est allégée : déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d’affaires encaissé, livre des recettes et, selon l’activité, registre des achats.
Seuils de chiffre d’affaires 2026
Pour 2026, 2027 et 2028, les seuils généraux du régime micro sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et certaines activités d’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales. En cas d’activité mixte, le chiffre d’affaires global et la part de chaque activité doivent respecter leurs seuils respectifs. Des règles particulières existent notamment pour certaines locations meublées.
Ces montants sont des seuils d’accès au régime micro, pas des seuils de franchise de TVA. Ne confondez pas les deux mécanismes. Les nouveaux plafonds sont détaillés par Service-Public pour la période 2026-2028.
Cotisations micro-sociales en 2026
| Activité | Taux micro-social 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement concerné | 12,3 % du chiffre d’affaires encaissé |
| Prestations de services BIC | 21,2 % |
| Professions libérales non réglementées hors Cipav | 25,6 % |
| Professions libérales relevant de la Cipav | 23,2 % |
Ces taux n’intègrent pas nécessairement toutes les contributions annexes, comme la contribution à la formation professionnelle. Ils s’appliquent au chiffre d’affaires réellement encaissé : à zéro chiffre d’affaires, aucune cotisation micro-sociale n’est due, sauf option volontaire pour des cotisations minimales. La source à vérifier avant toute simulation est la fiche officielle sur le régime micro-social.
Le principal inconvénient : les charges réelles ne sont pas déduites
Le revenu fiscal n’est pas calculé après déduction de vos dépenses réelles. L’administration applique un abattement forfaitaire dépendant de la nature de l’activité. Une activité avec du stock, de la sous-traitance, un local, des déplacements ou des investissements importants peut donc être mal adaptée au régime micro, même lorsque son chiffre d’affaires reste sous les plafonds.
La bonne comparaison porte sur la marge et le revenu disponible, pas seulement sur le chiffre d’affaires. Appuyez-vous sur une étude de marché chiffrée et un prévisionnel réaliste avant de choisir.
2. Quand choisir l’EURL ?
L’EURL est une SARL avec un associé unique. Elle sépare la société de son associé et impose une comptabilité complète. Son cadre juridique est plus encadré que celui de la SASU, ce qui peut simplifier certaines décisions mais laisse moins de liberté dans la rédaction des statuts.
Fiscalité et cotisations de l’EURL
Lorsque l’associé unique est une personne physique, l’EURL relève par défaut de l’impôt sur le revenu. Le bénéfice est alors imposé chez l’associé et sert de base aux cotisations sociales du gérant associé unique. L’EURL peut opter pour l’impôt sur les sociétés. Dans ce cas, les cotisations sont calculées sur la rémunération nette du gérant, augmentée de la fraction de dividendes qui dépasse notamment 10 % du capital social selon les règles applicables.
Écrire que les cotisations d’EURL représentent toujours « 45 % du bénéfice » est donc trompeur : l’assiette dépend du régime fiscal, de la rémunération et des distributions. La fiche officielle EURL : ce qu’il faut savoir expose ces différences.
L’EURL est souvent cohérente lorsque…
- vous avez des dépenses réelles significatives à déduire ;
- vous voulez exploiter seul dans une société au cadre statutaire balisé ;
- vous envisagez une rémunération régulière comme travailleur indépendant ;
- l’entrée future d’associés se ferait naturellement sous forme de SARL ;
- vous acceptez les obligations comptables et juridiques d’une société.
L’EURL n’est pas automatiquement supérieure à la micro dès un montant précis de chiffre d’affaires. Deux activités à 60 000 € peuvent aboutir à des choix opposés si l’une supporte 5 000 € de dépenses et l’autre 35 000 €.
Si l’EURL est retenue, notre guide de création d’une EURL détaille les statuts, le capital, l’annonce légale et le dossier à transmettre.
3. Quand choisir la SASU ?
La SASU est la forme unipersonnelle de la SAS. Elle offre davantage de liberté statutaire, ce qui facilite l’organisation de la gouvernance, la préparation d’une entrée d’investisseurs ou le passage au fonctionnement pluripersonnel de la SAS. Cette liberté impose aussi de rédiger des statuts adaptés : copier un modèle générique peut créer des difficultés au moment d’une cession, d’une levée de fonds ou d’un changement de direction.
Régime social du président
Le président rémunéré au titre de son mandat est assimilé-salarié et affilié au régime général. Ses cotisations sont proches de celles d’un salarié cadre, à l’exception notamment de l’assurance chômage. En l’absence de rémunération, aucune cotisation liée au mandat n’est due, mais le mandat n’ouvre alors aucun droit social par lui-même.
Il n’existe pas un taux officiel unique de « 82 % du net » valable pour toutes les rémunérations. Le résultat varie selon le montant, les paramètres de paie et la situation du dirigeant. Utilisez le simulateur Urssaf et faites valider le scénario retenu.
Fiscalité de la SASU et dividendes
La SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés par défaut. Elle peut opter temporairement pour l’impôt sur le revenu pendant cinq exercices, sous plusieurs conditions de taille, d’âge et de détention du capital. Les dividendes versés à une personne physique relèvent par défaut du prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % en 2026 selon la fiche officielle, ou du barème progressif sur option.
Les dividendes de SASU ne sont pas soumis aux cotisations sociales du président. Mais ils proviennent d’un bénéfice après impôt, ne sont pas déductibles du résultat et ne créent pas de droits sociaux. La fiche SASU : ce qu’il faut savoir permet de contrôler ces règles.
La SASU est souvent cohérente lorsque…
- vous souhaitez une société évolutive susceptible d’accueillir des investisseurs ;
- vous avez besoin d’une grande liberté statutaire ;
- vous envisagez de rémunérer le président sous le régime général ;
- vous êtes prêt à supporter une gestion sociale et comptable plus lourde ;
- le projet justifie une société dès son démarrage.
Pour approfondir les différences entre les deux sociétés, consultez notre comparatif SASU ou EURL et notre guide consacré à la création d’une SASU.
Si le projet doit accueillir d’autres associés, notre comparatif SASU ou SAS explique les différences de décisions, de statuts et de gouvernance.
4. Les sept critères qui permettent réellement de choisir
1. La nature de l’activité
Certaines professions réglementées imposent ou interdisent des structures particulières. Vérifiez les conditions d’accès, les diplômes, l’assurance et les règles de l’ordre professionnel avant de comparer la fiscalité.
2. Le niveau et la nature des dépenses
Listez les achats, logiciels, locaux, véhicules, sous-traitants, commissions, frais de paiement et investissements. Plus les dépenses réelles s’éloignent de l’abattement micro, plus une comparaison avec un régime réel devient nécessaire.
3. Le revenu dont vous avez besoin
Ne comparez pas seulement « les charges ». Comparez le revenu net disponible après cotisations, impôt de l’entreprise, impôt personnel, frais comptables et trésorerie conservée dans l’activité.
4. Votre protection sociale
Maladie, maternité, indemnités journalières, prévoyance et retraite ne se résument pas à un pourcentage. Une protection privée complémentaire peut modifier le coût total. Aucun des mandats de gérant associé unique d’EURL ou de président de SASU n’ouvre automatiquement l’assurance chômage.
5. Votre situation France Travail et l’Acre
Les règles de maintien de l’ARE et d’obtention de l’Acre doivent être vérifiées sur votre dossier. Depuis 2026, l’Acre n’est plus automatique : la demande doit être déposée dans les 60 jours. Pour un micro-entrepreneur éligible, le taux minoré correspond désormais à 75 % du taux normal, soit une exonération de 25 %, et non une division par deux des cotisations. Consultez la fiche officielle Acre et notre page de suivi sur les aides à la création.
6. L’arrivée future d’associés ou d’investisseurs
Si une ouverture du capital est prévue, anticipez la transformation : EURL vers SARL, SASU vers SAS. La SAS offre généralement plus de liberté pour organiser des catégories d’actions et la gouvernance, mais cette souplesse demande des statuts rigoureux.
7. Le temps et le budget de gestion
Une société implique des comptes annuels, des décisions de l’associé unique, des déclarations fiscales et souvent un accompagnement comptable. Cette charge doit être justifiée par les besoins réels du projet.
5. Il n’existe pas de seuil universel pour passer en société
Le conseil « passez en société à 40 000 ou 50 000 € de chiffre d’affaires » est trop simpliste. Le point d’équilibre dépend au minimum de l’activité, des dépenses déductibles, du foyer fiscal, de la rémunération, de l’Acre, des allocations éventuelles, de la TVA et du besoin de conserver de la trésorerie.
| Profil | Orientation à tester en priorité | Pourquoi |
|---|---|---|
| Activité en démarrage, peu de dépenses | Micro-entreprise | Gestion légère et cotisations proportionnelles aux encaissements |
| Activité avec stock ou sous-traitance importante | EI au réel, EURL ou SASU | Déduction des dépenses réelles |
| Dirigeant recherchant une rémunération TNS | EURL à simuler | Régime des indépendants et cadre statutaire encadré |
| Projet destiné à accueillir des investisseurs | SASU à étudier | Évolution vers la SAS et souplesse statutaire |
| Créateur indemnisé par France Travail | Simulation personnalisée obligatoire | La rémunération, les dividendes et le calendrier influencent le dossier |
Ces orientations servent à préparer les simulations, pas à décider à votre place. Faites tourner au moins deux scénarios avec les mêmes hypothèses économiques, puis faites vérifier les écarts significatifs.
6. Coûts et formalités de création en 2026
La création d’une micro-entreprise est gratuite sur le Guichet unique. Pour une société commerciale, Service-Public indique en 2026 des frais d’immatriculation de 33,83 € et une déclaration des bénéficiaires effectifs de 19,33 €, auxquels s’ajoutent l’annonce légale et, selon votre choix, les honoraires d’accompagnement. Les tarifs de l’annonce et des professionnels varient : un total unique annoncé sans contexte serait trompeur.
- Vérifiez la disponibilité et la réglementation de l’activité.
- Choisissez la forme juridique, le régime fiscal et la date de clôture.
- Pour une société, rédigez les statuts et déposez le capital.
- Publiez l’annonce légale lorsque cela est requis.
- Déposez la formalité sur le Guichet unique des formalités d’entreprises.
- Effectuez séparément la demande d’Acre si vous êtes éligible.
Préparez aussi la domiciliation de l’entreprise, le compte bancaire professionnel et les assurances professionnelles obligatoires ou utiles. Ces choix dépendent de l’activité et ne doivent pas être ajoutés mécaniquement au même forfait.
7. Méthode de décision en cinq étapes
- Construisez un prévisionnel sur douze à vingt-quatre mois : chiffre d’affaires, marge, investissements, besoin de rémunération et trésorerie de sécurité.
- Écartez les structures incompatibles : activité réglementée, nombre d’associés, besoin d’investisseurs ou contraintes contractuelles.
- Comparez les mêmes hypothèses : micro, EURL à l’IR ou à l’IS, SASU à l’IS. N’utilisez pas des niveaux de rémunération différents pour faire gagner artificiellement un scénario.
- Intégrez tous les coûts : cotisations, impôts, comptabilité, prévoyance, banque, assurance et temps de gestion.
- Faites valider les points sensibles : rémunération, ARE, ACRE, dividendes, TVA, patrimoine et options fiscales.
Pour financer le démarrage sans fragiliser la structure, notre dossier sur les options de financement d’une entreprise complète cette méthode.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur statut pour créer seul en 2026 ?
Il n’existe pas de meilleur statut universel. La micro-entreprise privilégie la simplicité, l’EURL associe société encadrée et régime social indépendant, et la SASU offre une structure statutaire souple avec un président assimilé-salarié lorsqu’il est rémunéré.
Peut-on commencer en micro puis créer une EURL ou une SASU ?
Oui. Il ne s’agit toutefois pas d’un simple changement de case : vous créez une nouvelle personne morale et organisez le transfert de l’activité, des contrats, des biens et éventuellement de la clientèle. Le calendrier fiscal, social et juridique doit être préparé.
La SASU protège-t-elle mieux que l’EURL ?
Dans les deux sociétés, la responsabilité de l’associé est en principe limitée aux apports. Cette protection peut être dépassée en cas de faute de gestion, de fraude ou de caution personnelle. La différence la plus visible concerne plutôt le régime social du dirigeant et la souplesse des statuts.
Micro-entreprise et franchise de TVA : est-ce la même limite ?
Non. Les seuils du régime micro et ceux de la franchise en base de TVA sont distincts. Une entreprise peut rester au régime micro tout en devenant redevable de la TVA. Vérifiez chaque seuil selon l’activité et l’année concernée.
L’Acre est-elle automatique en 2026 ?
Non. Depuis 2026, les créateurs éligibles doivent la demander à l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début de l’activité. Pour le micro-entrepreneur, l’exonération réduit de 25 % le taux normal pendant la période prévue.
Faut-il choisir la SASU pour toucher des dividendes ?
La fiscalité des dividendes ne doit jamais être examinée seule. Les dividendes proviennent d’un bénéfice après impôt, sont distribués après approbation des comptes et ne financent pas la protection sociale du président. Comparez rémunération, trésorerie et fiscalité globale.
Sources et méthode de mise à jour
- Service-Public — choisir la forme juridique
- Service-Public — seuils micro 2026-2028
- Service-Public — régime micro-social 2026
- Service-Public — Acre depuis juillet 2026
- Service-Public — EURL
- Service-Public — SASU
- Impots.gouv.fr — impôt sur les sociétés
- Urssaf — assistant au choix du statut
Dernière vérification réglementaire : 16 août 2026. Les taux, seuils et dispositifs peuvent évoluer. Contrôlez les sources officielles au moment de votre immatriculation.