Finance & Pilotage
Tableau 2059-E en 2026 : calculer la valeur ajoutée
Le tableau 2059-E 2026 expliqué ligne par ligne : effectifs, chiffre d’affaires, valeur ajoutée CVAE, mono-établissement et exemple chiffré.
Le tableau 2059-E sert à déclarer les effectifs, à reconstituer le chiffre d’affaires de référence et à calculer la valeur ajoutée utilisée pour la CVAE. Dans la liasse fiscale 2026 du régime réel normal, il organise le calcul en trois blocs : produits formant le chiffre d’affaires, autres produits retenus, puis charges admises en diminution.
Ce formulaire ne calcule pas seulement une « valeur ajoutée comptable ». Il applique une définition fiscale précise, désormais influencée par la modernisation du plan comptable général applicable aux exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025. Les comptes 657 et 757, les locations de plus de six mois, la production immobilisée ou encore la situation mono-établissement demandent donc un contrôle spécifique.
À retenir : le 2059-E doit être renseigné lorsque le chiffre d’affaires hors taxes de l’exercice, éventuellement ramené à douze mois, dépasse 152 500 €. Ce seuil crée une obligation déclarative ; il ne signifie pas automatiquement qu’une CVAE est à payer.
Tableau 2059-E : la réponse en un tableau
| Question | Réponse pratique |
|---|---|
| À quoi sert le 2059-E ? | À déclarer les effectifs et à calculer la valeur ajoutée fiscale servant à la CVAE. |
| Quand le remplir ? | Lorsque le chiffre d’affaires HT, ramené à douze mois si nécessaire, dépasse 152 500 €. |
| Qui l’utilise ? | Les entreprises au régime réel normal relevant notamment des BIC ou de l’IS ; le réel simplifié utilise le 2033-E. |
| Quelle formule applique-t-il ? | Valeur ajoutée OG = total 1 OX + total 2 OM − total 3 OJ. |
| Où reporter la valeur ajoutée ? | En SA, puis sur les déclarations CVAE concernées, notamment 1330-CVAE, 1329-AC ou 1329-DEF. |
| Le seuil de déclaration est-il celui du paiement ? | Non. L’obligation de déclarer commence au-dessus de 152 500 € ; la liquidation dépend ensuite des règles et taux applicables. |
À quoi sert exactement le formulaire 2059-E ?
Le 2059-E-SD 2026 s’intitule « Détermination des effectifs et de la valeur ajoutée ». Il appartient à la liasse fiscale 2050 du régime réel normal. Il relie les données comptables de l’exercice aux obligations déclaratives de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.
Dans la séquence déclarative, le tableau 2059-F détaille la composition du capital social pour les personnes morales concernées.
Sa fonction est différente de celle d’un tableau de soldes intermédiaires de gestion. Le calcul CVAE ne retient pas mécaniquement tous les produits d’exploitation et ne déduit pas toutes les charges comptables. La loi et la doctrine fiscale fixent une liste de catégories éligibles. Une charge de personnel, un amortissement ordinaire ou l’impôt sur les bénéfices ne diminuent donc pas automatiquement la valeur ajoutée du 2059-E.
La première partie recense aussi l’effectif moyen, les apprentis, les personnes handicapées et l’effectif affecté à une activité artisanale. Ces informations servent notamment à certaines règles de répartition ou de CFE. Elles ne doivent pas être déduites d’un simple nombre de bulletins de paie à la clôture.
Qui doit remplir le 2059-E en 2026 ?
La notice DGFiP 2026 demande les informations du 2059-E lorsque le chiffre d’affaires réalisé pendant l’exercice clos dépasse 152 500 € hors taxes. Si l’exercice dure moins ou plus de douze mois, le chiffre d’affaires est ajusté pour apprécier ce seuil sur une base annuelle.
| Situation | Formulaire de valeur ajoutée | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Entreprise BIC ou IS au réel normal | 2059-E | Seuil de 152 500 € HT apprécié, si nécessaire, après annualisation. |
| Entreprise BIC ou IS au réel simplifié | 2033-E | Ne pas reproduire les lignes du 2059-E sans vérifier la série simplifiée. |
| BNC relevant de la déclaration contrôlée | 2035-E | La définition de la valeur ajoutée dépend du régime applicable. |
| Revenus fonciers concernés | 2072-E | Règles particulières, différentes du régime de droit commun. |
| Micro-entreprise dépassant le seuil déclaratif | Déclaration adaptée, notamment 1330-CVAE | Le micro-BIC ne dépose pas une liasse 2050 et ne peut pas utiliser la dispense mono-établissement de la même manière. |
Pour comparer les séries, consultez le guide de la liasse fiscale 2033 du réel simplifié. Les établissements de crédit, assurances, gestionnaires d’instruments financiers et certains autres secteurs appliquent des modalités adaptées : un guide général ne remplace pas leurs plans comptables professionnels.
Comment déclarer les effectifs YP, YF, YG et RL ?
La ligne YP correspond à l’effectif moyen du personnel. La notice 2026 le définit comme la moyenne arithmétique des effectifs présents à la fin de chacun des trimestres de l’exercice. Les personnes prises en compte sont liées à l’entreprise par un contrat de travail et rémunérées directement par elle.
- YP : effectif moyen du personnel ;
- YF : part de cet effectif constituée d’apprentis ;
- YG : personnes reconnues handicapées dans les conditions prévues par les textes ;
- RL : effectif affecté à l’activité artisanale, utilisé pour certaines exonérations ou réductions de base de CFE.
Un exercice incomplet ou une variation importante des équipes impose donc un calcul documenté. Le nombre de salariés au 31 décembre, le nombre d’ETP annuel et la moyenne des quatre fins de trimestre peuvent produire trois résultats différents. Il faut conserver la méthode retenue et les états de paie qui la justifient.
Comment se structure le tableau 2059-E 2026 ?
Le formulaire 2026 suit un chemin contrôlable. Le cadre I calcule le chiffre d’affaires de référence CVAE. Le cadre II ajoute certains produits. Le cadre III retranche uniquement les charges admises. Le cadre IV détermine la valeur ajoutée produite, puis le cadre V isole la valeur ajoutée assujettie à la CVAE.
| Cadre | Contenu | Total ou ligne clé |
|---|---|---|
| I | Chiffre d’affaires de référence CVAE | OX — Total 1 |
| II | Autres produits retenus pour la valeur ajoutée | OM — Total 2 |
| III | Charges admises en diminution de la valeur ajoutée | OJ — Total 3 |
| IV | Valeur ajoutée produite | OG = OX + OM − OJ |
| V | Valeur ajoutée assujettie et données CVAE | SA, EV, GX, EY, HX, GY, GZ et HR |
Cadre I : comment calculer le chiffre d’affaires OX ?
La ligne OA reprend les ventes de produits fabriqués, prestations de services et marchandises comptabilisées dans les comptes 701 à 709, nettes des rabais, remises et ristournes. La ligne OK reçoit les redevances de concessions, brevets, licences, marques, procédés, logiciels et droits similaires, correspondant notamment au compte 751.
La ligne OL vise les plus-values de cession d’immobilisations corporelles ou incorporelles lorsqu’elles se rattachent à une activité normale et courante, c’est-à-dire au cycle de production de l’entreprise. Depuis la modernisation du PCG, l’analyse s’appuie notamment sur les comptes 757 et 657. Une vente occasionnelle d’une machine devenue inutile ne devient pas « normale et courante » uniquement parce qu’elle apparaît en résultat d’exploitation.
Le total OX forme le chiffre d’affaires de référence. Il ne doit pas être confondu avec le chiffre d’affaires commercial affiché dans un tableau de bord. Cette distinction explique pourquoi le guide du tableau 2059-A sur les plus et moins-values reste utile pour documenter la nature des cessions, sans pour autant remplacer le test CVAE du 2059-E.
Cadre II : quels autres produits inscrire dans OM ?
Le cadre II ajoute les produits qui ne figurent pas déjà dans le chiffre d’affaires OX mais participent à la valeur ajoutée fiscale. La ligne OH reçoit les autres produits de gestion courante, hors quotes-parts de résultat sur opérations faites en commun et hors montants déjà comptés en OA, OK ou OL.
- OH : autres produits de gestion courante admissibles, y compris certaines plus-values de cession non normales et courantes lorsqu’elles ne relèvent pas d’un événement majeur et inhabituel ;
- OE : production immobilisée, limitée aux charges déductibles ayant concouru à sa formation ;
- OF : subventions d’exploitation et certains abandons de créances à caractère commercial ;
- OD : variation positive des stocks ;
- XT : rentrées sur créances amorties rattachées au résultat d’exploitation.
Une même somme ne doit jamais alimenter deux lignes. Une redevance déjà portée en OK n’est pas reprise en OH. De même, une indemnité ou une cession doit être qualifiée d’après sa nature comptable et les circonstances de l’opération, pas d’après le résultat fiscal recherché.
Cadre III : quelles charges peuvent diminuer la valeur ajoutée ?
Le cadre III ne reprend pas toutes les charges du compte de résultat. Il retient les achats ON, les variations négatives de stocks OQ, les services extérieurs OR, certains loyers et redevances OS, des taxes précisément admises OZ et les autres charges de gestion courante OW, à l’exclusion des quotes-parts de résultat du compte 655.
La ligne OU neutralise les charges déductibles ayant servi à produire une immobilisation déjà déclarée en OE. La ligne O9 concerne une fraction très encadrée des amortissements de biens corporels donnés en location, sous-location, crédit-bail ou location-gérance. La ligne OY reçoit les moins-values de cession d’immobilisations concernées par la définition CVAE.
Erreur coûteuse : les loyers et redevances portant sur des biens corporels pris en location ou sous-location pour plus de six mois, en crédit-bail ou dans certaines locations-gérances ne sont en principe pas déductibles de la valeur ajoutée. L’intitulé comptable « loyer » ne suffit pas : durée, bien et convention doivent être examinés.
Les charges de personnel, les amortissements ordinaires, la plupart des provisions, les charges financières et l’impôt sur les bénéfices ne figurent pas parmi les déductions générales du cadre III. C’est pourquoi la valeur ajoutée CVAE peut être sensiblement supérieure à une marge calculée à partir d’un indicateur de gestion interne.
Exemple chiffré de calcul du 2059-E
Une société de services clôturant douze mois réalise 1 200 000 € de ventes, perçoit 20 000 € de redevances et comptabilise 55 000 € d’autres produits éligibles. Ses charges admises pour le 2059-E s’élèvent à 572 000 €. L’exemple suppose l’absence d’activité exonérée et de régime sectoriel particulier.
| Rubrique | Montant | Calcul |
|---|---|---|
| OA — ventes et prestations | 1 200 000 € | OX = 1 220 000 € |
| OK — redevances | 20 000 € | |
| OL — plus-values normales et courantes | 0 € | |
| OM — autres produits retenus | 55 000 € | Total 2 |
| OJ — charges admises | 572 000 € | Total 3 |
| OG — valeur ajoutée produite | 703 000 € | 1 220 000 + 55 000 − 572 000 |
Le contrôle ne s’arrête pas à l’addition. Il faut rapprocher OA à OY de la balance générale, documenter les exclusions et vérifier que le même produit ou la même charge n’a pas été compté deux fois. La page consacrée au calcul de la CVAE 2026 permet ensuite de distinguer base, taux et cotisation.
Comment appliquer le plafonnement de la valeur ajoutée ?
La valeur ajoutée imposable ne peut pas dépasser 80 % du chiffre d’affaires lorsque celui-ci est inférieur ou égal à 7,6 millions d’euros, et 85 % au-delà. Dans l’exemple précédent, 80 % de 1 220 000 € représentent 976 000 €. La valeur ajoutée calculée de 703 000 € reste inférieure : aucun plafonnement ne la réduit.
Si la valeur ajoutée calculée est négative, les formulaires 1329-AC et 1329-DEF reçoivent un montant égal à zéro dans leur cadre concerné. Une valeur ajoutée négative n’autorise donc pas à fabriquer une base de cotisation négative ou une créance automatique.
Que faut-il inscrire en SA ?
La ligne SA correspond à la valeur ajoutée assujettie à la CVAE. Elle alimente les déclarations et paiements de la cotisation, sous réserve des exonérations, du plafonnement et de la période de référence applicables. Le total OG est une étape de calcul ; SA est la donnée déclarative après les ajustements requis.
La valeur ajoutée portée en SA se raccorde au formulaire 1330-CVAE pour les entreprises qui doivent le déposer, ainsi qu’aux relevés 1329-AC et 1329-DEF. Le guide sur la déclaration CVAE 2026 détaille les seuils, la répartition des effectifs et les échéances. La page sur le calendrier et les taux de CVAE jusqu’en 2030 traite séparément l’évolution de la cotisation.
Quand le 2059-E dispense-t-il du formulaire 1330-CVAE ?
Une entreprise répondant à la définition du mono-établissement peut, sous conditions cumulatives, renseigner le cadre dédié du 2059-E et cocher EV. Cette procédure peut remplacer le dépôt de la 1330-CVAE. Elle ne dépend pas du seul fait de posséder une adresse principale ou un unique numéro SIREN.
Il faut notamment vérifier l’absence d’établissement secondaire, de salariés travaillant durablement hors de l’entreprise, de pluralité d’activités nécessitant des déclarations de résultats différentes, de clôtures multiples pendant la période ou de fusion concernée. Certaines sociétés, groupes et activités immobilières présentent également des exclusions. Une condition manquante suffit à empêcher la dispense.
| Contrôle mono-établissement | Conséquence |
|---|---|
| Toutes les conditions sont remplies et le cadre 2059-E est complet | La case EV peut permettre la dispense de 1330-CVAE. |
| Un établissement secondaire existe | La répartition par établissement doit être déclarée sur la 1330-CVAE. |
| Des salariés travaillent plus de trois mois sur un autre lieu | La situation doit être analysée ; ne pas cocher EV automatiquement. |
| Plusieurs exercices sont clos pendant la période | La dispense simplifiée n’est pas acquise. |
| La société a fusionné pendant la période de référence | La déclaration complémentaire reste à examiner. |
Qu’est-ce qui change avec le plan comptable applicable depuis 2025 ?
Le règlement ANC 2022-06 a resserré la notion de résultat exceptionnel. Depuis les exercices ouverts le 1er janvier 2025, plusieurs produits et charges auparavant enregistrés en comptes 67 et 77 sont reclassés dans les comptes courants, notamment 657 et 757. Le formulaire et la notice 2026 reflètent ces changements.
Les plus ou moins-values de cession non liées à une activité normale et courante peuvent désormais entrer dans OH ou OY lorsqu’elles ne sont pas directement liées à un événement majeur et inhabituel. Les indemnités, pénalités, abandons de créances commerciaux ou dépenses de mécénat doivent également être classés selon leurs nouvelles rubriques et leur nature réelle.
Reprendre un fichier de calcul 2024 en changeant seulement l’année est donc risqué. Le mapping des comptes, les écritures exceptionnelles et les transferts de charges doivent être révisés. En cas de dossier complexe, l’intervention d’un professionnel est expliquée dans notre article sur le rôle de l’expert-comptable dans l’entreprise.
Vidéo : distinguer valeur ajoutée fiscale et déclaration CVAE
Cette vidéo de Compta Online explique la différence entre valeur ajoutée fiscale, situation mono-établissement et déclaration complémentaire. Elle reste utile pour comprendre l’enchaînement général. Elle date toutefois de 2021 : ses taux, dates et calendrier de suppression ne doivent pas être utilisés pour remplir une déclaration 2026.
Voir la vidéo directement sur YouTube.
Quelles erreurs éviter sur le tableau 2059-E ?
- confondre le seuil déclaratif de 152 500 € avec le seuil ou le taux de paiement ;
- oublier d’annualiser le chiffre d’affaires d’un exercice d’une durée différente de douze mois ;
- recopier la valeur ajoutée des soldes intermédiaires de gestion ;
- déduire les salaires, amortissements ordinaires ou provisions sans base prévue ;
- déduire automatiquement un loyer de plus de six mois ou un crédit-bail ;
- compter deux fois une redevance en OK et en OH ;
- ignorer le nouveau classement des comptes 657 et 757 ;
- traiter toute cession d’immobilisation comme une activité normale et courante ;
- calculer YP à partir du seul effectif de clôture ;
- cocher EV parce que l’entreprise n’a qu’un siège connu ;
- reporter OG en SA sans vérifier plafonnement et exonérations ;
- utiliser une vidéo ou un modèle ancien pour les taux et échéances 2026.
Checklist du 2059-E 2026
- le formulaire et la notice portent bien le millésime 2026 ;
- le régime réel normal est confirmé ;
- le chiffre d’affaires est annualisé si l’exercice ne dure pas douze mois ;
- OA, OK et OL concordent avec les comptes et pièces justificatives ;
- OH à XT excluent les montants déjà inscrits dans OX ;
- ON à OY ne comprennent que les charges fiscalement admises ;
- les locations de plus de six mois et crédits-bails ont été isolés ;
- les comptes issus de la réforme du PCG ont été remappés ;
- OG correspond à OX + OM − OJ ;
- le plafonnement à 80 % ou 85 % a été testé ;
- SA concorde avec les déclarations 1330-CVAE, 1329-AC ou 1329-DEF concernées ;
- toutes les conditions de la case EV sont documentées ;
- les effectifs YP, YF, YG et RL sont justifiés ;
- la balance, le fichier de calcul et la preuve de télétransmission sont archivés.
Pour replacer le formulaire dans l’ensemble du pilotage comptable et fiscal, consultez le hub Finance & Pilotage.
Sources officielles consultées
- DGFiP — liasse fiscale 2050-SD 2026, tableau 2059-E
- DGFiP — notice 2032-NOT-SD 2026
- BOFiP — calcul de la valeur ajoutée et plafonnement, version du 22 avril 2026
- Code général des impôts — article 1586 sexies
- DGFiP — formulaire 1330-CVAE-SD, millésime 2026
- BOFiP — champ d’application du régime de droit commun
Dernière vérification des sources : 29 août 2026. Ce guide décrit la mécanique générale du 2059-E. Les entreprises financières, immobilières, membres de groupes, multi-établissements ou confrontées à des opérations inhabituelles doivent appliquer les règles propres à leur situation.