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Intervieweuse menant un micro-trottoir avec un passant dans une rue piétonne Intervieweuse menant un micro-trottoir avec un passant dans une rue piétonne

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Interview micro-trottoir : questions, approche et relances

Interview micro-trottoir : préparez vos questions, votre phrase d’approche et vos relances, puis sécurisez consentement, son et réponses exploitables.

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Une bonne interview micro-trottoir ne repose pas sur l’improvisation. Elle repose sur une question centrale claire, une phrase d’approche honnête, quelques relances neutres et une vérification immédiate du son. L’objectif n’est pas de faire dire aux passants ce que la marque espère entendre, mais d’obtenir des réponses spontanées, compréhensibles et utilisables sans déformer leur propos.

Cette page se concentre sur la conduite de l’entretien sur le terrain. Pour cadrer l’objectif, le consentement, le budget, la diffusion et les indicateurs de performance, consultez notre guide complet du micro-trottoir pour une marque.

Préparer l’interview avant d’aborder un passant

Une équipe mal préparée compense souvent par trop de questions. Le résultat est un entretien long, difficile à monter et éloigné de l’idée de départ. Avant de sortir la caméra, résumez donc l’objectif en une phrase : « Nous voulons comprendre ce qui rend ce service rassurant », « Nous cherchons les critères utilisés pour choisir ce produit » ou « Nous voulons recueillir des réactions à cette nouveauté ».

Définissez ensuite le format attendu. Une vidéo verticale courte n’appelle pas le même niveau de détail qu’un reportage de trois minutes. Décidez également si la question doit être identique pour toutes les personnes. Cette constance facilite la comparaison des réponses et limite les changements de cap pendant le tournage.

La fiche de terrain minimale

Élément Décision à prendre Exemple
Objectif Une seule information principale à recueillir Comprendre le premier critère de choix
Question centrale Courte, claire et non orientée « Qu’est-ce qui compte le plus pour vous au moment de choisir ? »
Relances Deux ou trois formulations neutres « Pourquoi ? », « Vous avez un exemple ? »
Réponse cible Durée compatible avec le montage Une idée complète en 15 à 30 secondes
Consentement Information et autorisation avant diffusion Usage, canaux, durée et contact de retrait
Contrôle Son et image vérifiés après les premières prises Casque, niveau audio, netteté et cadrage

Une fiche d’une page suffit. Elle doit être lisible rapidement par l’interviewer, la personne qui filme et la personne qui supervise les autorisations.

Comment rédiger une bonne question de micro-trottoir ?

La question principale doit pouvoir être comprise immédiatement, sans contexte technique. Les ressources pédagogiques consacrées au micro-trottoir recommandent des questions claires, concises et suffisamment ouvertes pour permettre une réponse développée. La fiche pédagogique de l’Union sociale pour l’habitat insiste également sur l’intérêt de poser les mêmes questions à plusieurs personnes.

Une structure simple en trois niveaux

  1. La question centrale ouvre le sujet sans suggérer la réponse.
  2. La relance d’explication demande pourquoi ou comment.
  3. La relance concrète demande un exemple, une situation ou un souvenir.

Exemple : « Comment choisissez-vous une banque professionnelle ? » peut être suivi de « Pourquoi ce critère est-il important ? » puis de « Vous souvenez-vous d’une situation où cela a fait la différence ? ». Cette progression fournit une réponse exploitable sans transformer l’échange en questionnaire interminable.

Questions ouvertes et questions fermées

Une question fermée peut servir d’entrée : « Connaissez-vous ce service ? ». Elle produit toutefois peu de matière si elle n’est pas suivie d’une relance. Pour obtenir un verbatim utile, préférez ensuite « Qu’en avez-vous compris ? » ou « Dans quelle situation l’utiliseriez-vous ? ».

Évitez les formulations qui contiennent déjà un jugement : « Pourquoi ce produit est-il plus pratique ? » suppose qu’il l’est. Demandez plutôt : « Comment décririez-vous son utilisation ? ». Évitez aussi les doubles questions comme « Que pensez-vous du prix et de la qualité ? », car vous ne saurez pas à quelle partie la personne répond.

Exemples de scripts prêts à adapter

Comprendre un choix d’achat

  • Question centrale : « Quel est votre premier critère pour choisir ce type de produit ? »
  • Relance : « Pourquoi ce critère passe-t-il avant les autres ? »
  • Relance concrète : « Vous avez un exemple récent ? »

Tester la compréhension d’un service

  • Question centrale : « Avec vos mots, à quoi sert ce service ? »
  • Relance : « Qu’est-ce qui vous paraît encore flou ? »
  • Relance concrète : « Dans quelle situation pourriez-vous l’utiliser ? »

Recueillir une réaction lors d’un événement

  • Question centrale : « Qu’est-ce qui vous a le plus marqué aujourd’hui ? »
  • Relance : « Qu’est-ce qui vous fait retenir ce moment ? »
  • Relance de synthèse : « Si vous deviez le résumer à un proche en une phrase ? »

Ces scripts sont des points de départ. Adaptez le vocabulaire au public visé et testez chaque formulation auprès d’une personne qui ne connaît pas le projet. Si elle demande une longue explication avant de répondre, la question est probablement trop complexe.

Comment aborder les passants sans les brusquer ?

La phrase d’approche doit dire qui vous êtes, ce que vous faites, combien de temps cela prendra et où la séquence pourra être diffusée. Elle ne doit pas commencer par la question filmée. Le passant doit pouvoir décider avant que l’entretien commence.

« Bonjour, nous réalisons une courte vidéo pour Pharrell.fr sur les critères de choix des entrepreneurs. L’échange dure environ deux minutes et la vidéo pourra être publiée sur notre site et nos réseaux. Est-ce que vous souhaitez participer ? »

Restez à une distance confortable, ne bloquez pas le passage et acceptez immédiatement un refus. Une personne pressée, hésitante ou mal informée ne donnera généralement pas une meilleure séquence parce qu’on insiste. Si une contrepartie est proposée, annoncez-la avant l’accord et ne la conditionnez pas à une réponse positive.

Relancer sans orienter la réponse

Le travail de l’interviewer consiste d’abord à écouter. Une relance utile reprend un mot de la personne, demande une précision ou invite à illustrer. Elle ne félicite pas une opinion, ne la contredit pas et ne propose pas la réponse suivante.

Situation Relance neutre Relance à éviter
Réponse trop générale « Qu’entendez-vous par là ? » « Vous voulez dire que c’est trop cher ? »
Réponse très courte « Qu’est-ce qui vous fait penser cela ? » « Vous êtes donc plutôt satisfait ? »
Idée intéressante mais abstraite « Vous avez un exemple concret ? » « C’est comme ce que fait telle marque ? »
Plusieurs idées mélangées « Laquelle est la plus importante pour vous ? » « On va garder uniquement la partie positive. »

Laissez une courte seconde de silence après la réponse : la personne ajoute souvent l’explication la plus précise à ce moment-là. Si vous devez interrompre, faites-le pour clarifier ou recentrer, pas pour accélérer artificiellement le propos.

Obtenir une réponse facile à monter

Dans une vidéo courte, la question de l’interviewer peut être coupée au montage. Demandez donc à la personne de répondre avec une phrase autonome. Au lieu de « Parce que c’est simple », une réponse comme « Je choisirais ce service parce qu’il est simple à utiliser » reste compréhensible sans la question.

Ne lui dictez pas une formule mot pour mot. Reformulez seulement la consigne : « Pouvez-vous reprendre votre réponse en rappelant le sujet ? ». Une seconde prise est utile si un bruit masque la voix, si la réponse commence trop tôt ou si une information essentielle manque. Elle ne doit pas servir à effacer une opinion qui déplaît.

Contrôler le son et l’image pendant le tournage

Un smartphone récent peut suffire si le son est propre, le cadrage stable et la lumière acceptable. Le micro doit rester à distance constante de la bouche sans masquer le visage. Avec un micro main, dirigez-le vers la personne qui parle ; avec un micro cravate, vérifiez les frottements du vêtement.

Avant la première vraie interview, enregistrez dix secondes puis écoutez-les au casque. Recommencez ce contrôle après un changement de lieu, une hausse du vent ou une modification du matériel. Une image moyenne peut parfois être recadrée ; une voix couverte par le trafic est rarement récupérable.

Le contrôle express après chaque prise

  • La réponse est-elle audible du début à la fin ?
  • Peut-elle être comprise sans entendre la question ?
  • Le visage est-il net et correctement exposé ?
  • Un logo, une plaque ou un passant identifiable crée-t-il un problème ?
  • Le nom du fichier ou la note de tournage permet-il de retrouver l’autorisation correspondante ?

Consentement, droit à l’image et retrait

Une personne filmée doit comprendre l’usage prévu de son image et de sa voix avant la diffusion. Pour une exploitation de marque, formalisez l’accord et conservez la preuve avec les informations utiles : supports, finalité, durée, territoire et procédure de retrait. Le rappel de Service-Public.fr sur le droit à l’image précise notamment que l’accord doit être suffisamment précis. La CNIL explique aussi les démarches de retrait d’une image en ligne.

Si la personne retire son accord avant publication, écartez la séquence. Après publication, appliquez la procédure annoncée et documentez les versions supprimées. N’utilisez pas une réponse dans un contexte différent de celui présenté lors du tournage.

Éviter les biais qui décrédibilisent le résultat

Un micro-trottoir montre des points de vue ; il ne mesure pas automatiquement l’opinion d’une population. Le lieu, l’horaire, l’apparence de l’équipe, les refus et le montage influencent les réponses visibles. Ne présentez donc pas quelques témoignages comme une étude représentative.

Conservez un journal simple : nombre de personnes abordées, refus, interviews enregistrées, critères de sélection et raisons d’exclusion. Au montage, ne retenez pas uniquement les déclarations qui confirment le message initial. Si le but est créatif, assumez ce cadre. Si une décision importante dépend des résultats, complétez avec une méthode d’étude adaptée.

Vidéo : les bases pratiques du micro-trottoir

Cette courte ressource montre la préparation des questions, la prise de son et le déroulement d’un micro-trottoir. Utilisez-la comme démonstration pratique, puis adaptez le dispositif à votre objectif et à vos obligations de diffusion.

Comment faire un micro-trottoir

Checklist de l’interviewer

  • Je peux expliquer l’objectif et la diffusion en une phrase.
  • Ma question centrale est claire, courte et non orientée.
  • J’ai préparé deux ou trois relances neutres.
  • Je sais comment recueillir et retrouver l’autorisation.
  • J’ai testé le son dans le lieu réel.
  • Je laisse la personne terminer et j’accepte les refus.
  • Je demande une réponse autonome sans dicter les mots.
  • Je contrôle la prise avant de passer à la suivante.
  • Je documente les refus et la sélection des extraits.
  • Je ne présente pas ces témoignages comme un sondage représentatif.

Questions fréquentes

Combien de questions faut-il prévoir ?

Une question centrale et deux ou trois relances suffisent souvent. Le bon nombre dépend du format final, mais chaque question doit servir l’objectif défini avant le tournage.

Combien de temps doit durer une réponse ?

Pour une vidéo courte, visez une idée complète en 15 à 30 secondes plutôt qu’une durée rigide. Laissez d’abord la personne répondre naturellement, puis demandez une reformulation plus concise si nécessaire.

Faut-il montrer les questions dans la vidéo ?

Ce n’est pas obligatoire. Si elles sont coupées, veillez à ce que chaque réponse rappelle son sujet. Si une formulation peut modifier l’interprétation, conservez la question ou affichez-la clairement.

Peut-on rémunérer les participants ?

Oui, à condition d’annoncer la contrepartie avant l’accord et de ne pas l’utiliser pour imposer une opinion. Documentez-la et distinguez clairement témoignage spontané, casting et contenu promotionnel.

Que faire si une personne devient hostile ?

Coupez l’échange, éloignez-vous et ne diffusez pas la séquence. Aucun plan ne justifie d’insister face à un refus ou à une situation qui devient inconfortable.

À retenir

Préparez une question centrale, deux relances neutres et une phrase d’approche transparente. Sur le terrain, écoutez davantage que vous ne parlez, contrôlez chaque prise et respectez immédiatement les refus. Au montage, préservez le sens des réponses et présentez le micro-trottoir pour ce qu’il est : une sélection de témoignages, pas une mesure statistique de l’opinion.

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