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Actions de préférence : droits, limites et fonctionnement

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Les actions de préférence sont des actions assorties de droits particuliers, différents de ceux des actions ordinaires. Une société peut ainsi accorder une priorité financière, aménager le droit de vote ou organiser des protections spécifiques. Cet outil est puissant, mais seulement si les droits sont écrits de manière précise dans les statuts et articulés avec les autres documents de la société.

Cette page explique le mécanisme commun aux sociétés par actions. Pour la mise en œuvre propre à la SAS, consultez le guide sur les actions de préférence en SAS. La procédure d’émission et de conversion est détaillée séparément dans notre dossier créer des actions de préférence.

Qu’est-ce qu’une action de préférence ?

L’article L. 228-11 du Code de commerce permet de créer, lors de la constitution ou en cours de vie sociale, des actions avec ou sans droit de vote et assorties de droits particuliers de toute nature. Ces droits peuvent être temporaires ou permanents. Ils doivent être définis par les statuts.

Comparaison entre actions ordinaires et actions de préférence

Le mot « préférence » ne signifie pas que le titulaire reçoit toujours davantage sur tous les plans. Une action peut privilégier un droit financier tout en supprimant ou en limitant le vote. Il faut donc lire l’ensemble des droits attachés à la catégorie, pas seulement son intitulé.

Quelles sociétés peuvent en émettre ?

Les actions de préférence concernent les sociétés par actions : notamment SAS, SA et SCA. Une SARL émet des parts sociales, pas des actions de préférence au sens des articles L. 228-11 et suivants. Elle peut organiser certains droits dans les limites de son régime, mais il ne faut pas transposer automatiquement le mécanisme des actions de préférence.

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Elles peuvent être prévues dès la constitution, émises lors d’une augmentation de capital ou provenir de la conversion d’actions existantes. Ces voies ne produisent pas les mêmes effets sur le montant du capital ni sur les actionnaires.

Quels droits financiers peut-on prévoir ?

Les droits financiers répondent souvent à un objectif de rendement ou de protection économique. Les statuts peuvent notamment organiser, sous réserve des règles impératives :

  • un dividende prioritaire ou calculé selon une formule déterminée ;
  • un droit spécifique sur les réserves ou les distributions ;
  • une priorité sur le boni de liquidation ;
  • des modalités de rachat prévues avant la souscription et encadrées par la loi ;
  • une conversion en actions ordinaires ou en une autre catégorie.

Une formule doit définir ses paramètres, son ordre d’application, ses plafonds et les cas exceptionnels. Écrire seulement « dividende prioritaire » crée un risque d’interprétation lorsque le bénéfice distribuable est insuffisant ou lorsque plusieurs catégories coexistent.

Quels droits politiques peut-on aménager ?

Le droit de vote peut être aménagé, suspendu pour une durée déterminée ou déterminable, ou supprimé. Des droits particuliers d’information ou d’approbation peuvent aussi être organisés dans le respect des règles impératives et de l’intérêt social.

Une clause d’agrément, de préemption ou de sortie conjointe n’est pas automatiquement un droit attaché à une action de préférence. Elle peut relever des statuts ou d’un pacte d’actionnaires. La distinction est essentielle : les statuts sont opposables dans le cadre prévu par le droit des sociétés, tandis que le pacte n’engage en principe que ses signataires.

Quelles limites légales respecter ?

Dans les sociétés non cotées, les actions de préférence sans droit de vote ne peuvent pas représenter plus de la moitié du capital social. Dans les sociétés dont les actions sont admises aux négociations sur un marché réglementé, le plafond est du quart. Cette limite concerne les actions privées de vote, pas toutes les actions de préférence.

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Les droits ne peuvent pas écarter les règles impératives ni rompre l’égalité entre actionnaires placés dans une situation identique. Certaines opérations exigent aussi de consulter ou protéger l’assemblée spéciale des porteurs de la catégorie concernée. Une modification du capital doit examiner ses conséquences sur ces droits.

Comment créer ou convertir ces actions ?

La création suppose de définir les droits, préparer les rapports exigés, faire prendre la décision compétente et modifier les statuts. L’article L. 228-12 encadre l’émission et la conversion au vu d’un rapport spécial du commissaire aux comptes. Lorsque des personnes sont nommément désignées, le régime des avantages particuliers de l’article L. 228-15 doit également être vérifié.

La conversion change la catégorie et les droits des titres concernés, sans nécessairement augmenter le capital. Les titulaires d’actions converties dans la catégorie à créer ne participent pas au vote dans le cas prévu par l’article L. 228-15, sauf lorsque l’ensemble des actions fait l’objet de la conversion. Ces règles justifient une préparation individualisée, et non un modèle générique.

Exemple simple de droits différenciés

Une SAS prépare une levée de fonds. Les fondateurs détiennent des actions ordinaires A. L’investisseur souscrit des actions de préférence B. Les statuts pourraient prévoir pour les B un dividende prioritaire défini, un accès renforcé à certaines informations et une approbation préalable sur une liste limitée de décisions structurantes.

Il faut ensuite tester les scénarios : bénéfice insuffisant, nouvelle levée, cession de contrôle, liquidation, fusion et conversion. Une rédaction qui fonctionne uniquement dans le scénario optimiste ne protège personne. Le prix d’émission peut inclure une prime d’émission, distincte de la nature des droits accordés.

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Actions de préférence, pacte et table de capitalisation

Les statuts décrivent les droits attachés aux catégories. Le pacte peut compléter l’organisation entre signataires : gouvernance, information, sortie, liquidité ou engagements personnels. La table de capitalisation simule la détention et la dilution. Ces trois outils se complètent, mais ne se remplacent pas.

Après une émission ou une conversion, la société doit mettre à jour ses statuts et la documentation de titres. Le registre des mouvements de titres doit refléter les opérations et les catégories concernées selon les règles applicables.

Les erreurs à éviter

  • affirmer que toutes les actions de préférence sont limitées à 50 % du capital ;
  • confondre avantage financier, droit de vote et clause de pacte ;
  • prévoir un droit sans formule ni ordre d’application ;
  • oublier les effets d’une future augmentation, réduction, fusion ou liquidation ;
  • convertir des titres sans contrôler les règles de vote et les rapports requis ;
  • laisser les statuts, le pacte, la table de capitalisation et le registre se contredire.

À retenir

Une action de préférence est une catégorie de titre conçue pour un équilibre précis entre droits financiers, gouvernance et protection. La qualité du dispositif dépend moins de l’étiquette que de la rédaction, des scénarios testés et de la procédure. Pour replacer cette opération dans l’ensemble du parcours, consultez notre guide des opérations sur le capital social et le hub Gérer son entreprise.

Sources officielles

Contenu informatif : la rédaction des droits et la procédure doivent être validées selon la forme sociale, les statuts et l’identité des bénéficiaires.